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Dossier

Dimanche 19 avril 2009 | 06h00

Les séniors ont des TIC

Déclarations, projets, intentions ce sont multipliés ces derniers jours autour de l'usage et de l'utilisation des technologies d'information et de communication au profit des séniors. L'Alsace est très impliquée dans le dossier. Que ce soit par des initiatives privées ou des actions publiques, notamment de la part du conseil général du Bas-Rhin. e-alsace ouvre le dossier.



L’ADIRA, BioValley, l'ADEC sont mobilisés depuis des mois avec les élus et cadres du conseil général du Bas-Rhin pour mettre les hautes technologies au service des personnes âgées.

De quoi s'agit-il ? Elisabeth Bildstein, chef de projet "Tic et Santé", résume l'enjeu pour le conseil général du Bas-Rhin: "Le nombre de personnes âgées va continuer à augmenter, mais on ne peut pas construire des maisons de retraite pour tout le monde. De plus, la demande de maintien à domicile est très forte. Dès lors cette question centrale: comment les technologies d'information et de communication peuvent-elles nous aider dans nos missions d'aide à l'autonomie. Avec au final cette question: comment mieux prendre en charge et moins cher?".

Quel timing ?

En décembre 2008, le conseil général du Bas-Rhin a adopté un rapport général intitulé "Tic et santé" et manifesté une volonté politique très forte de s'engager sur le dossier. D'ici au moins de juin, en Assemblée plénière les conseillers généraux bas-rhinois débattront sur des propositions d'axes stratégiques. Au cours du deuxième semestre 2009, les premiers appels à projet seront lancés.

Selon les prévisions de l’INSEE, la population française âgée de plus de 85 ans passera de 1,3 million actuellement à plus de 2 millions en 2015 et le nombre des personnes de plus de 75 ans sera multiplié par 2 à l’horizon 2040. Ces évolutions se traduiront par l’importance croissante des enjeux de la gestion de la dépendance.  De plus, le maintien à domicile fait l’objet d’une préférence forte. Par ailleurs, le nombre de personnes âgées dépendantes dans le Bas-Rhin devrait augmenter de plus de 20 % d’ici à 2015.

Une charge lourde

Fin 2006, dans le Bas-Rhin, 6 690 personnes sont bénéficiaires de l’APA en établissement et 10 174 personnes âgées sont bénéficiaires de l’APA à domicile (près des deux tiers de l’APA sont consacrés au maintien à domicile). L’APA versée par le CG67 (domicile + établissement) est passée de 51,5 M! en 2004 à 70,8 M! en 2007 (soit une hausse 37,5 % en 3 ans) ; l’inscription au Budget provisoire 2008 se monte à 76,6 M.

Les enjeux financiers croissants de la gestion de la dépendance (près de 20.000 bénéficiaires de l’APA dans le Bas-Rhin) et les progrès continus des technologies de l’information et de la communication (TIC) alimentent aujourd’hui les réflexions sur le rôle des nouvelles technologies en faveur de la santé.

Les technologies de l’information et de la communication peuvent être mobilisées pour faciliter l’autonomie : suivi médical (téléassistance, contrôles…), organisation des intervenants, prévention (activités physiques et intellectuelles), communication (pour rompre l’isolement en veillant à ne pas se substituer à la présence humaine)…

Des innovations prêtes à être généralisées


- La domotique (« habitat intelligent pour la santé ») pour commander à distance (ouvrir et fermer les volets, allumer ou éteindre les luminaires, …), réaliser des économies d’énergie, prévenir (capteurs détectant la fumée, le gaz et le monoxyde de carbone…)

- Les bracelets de suivi d’activité qui permettent le recueil de données physiologiques (sudation, micromouvements, température, ...) et le suivi des activités diurnes et nocturnes de personnes au rythme de vie perturbé par la maladie ; plus largement, les appareils de télésurveillance médicale (taux de sucre, tension artérielle…) ;

- Les outils de communication entre les différents intervenants auprès de la personne dépendante (coordination, échange et partage d’informations…) ;

- Les dispositifs permettant à la personne âgée de rompre l’isolement social et communiquer avec ses proches de façon simple (via un écran tactile ou la visiophonie par exemple) et au personnel soignant d’animer des ateliers cognitifs ;

- La géolocalisation en extérieur des patients grâce à un bracelet GPS qui repère la sortie d’une zone sécurisée que paramètrent les aidants et qui prévient les fugues (notamment des malades d’Alzheimer) ;

- Les équipements adaptés du type « lit médicalisé intelligent » permettant une utilisation accessible au patient, jusqu’à la commande au souffle pour les patients les plus dépendants ;

- Les différentes formes de « télé-consultation » ou de « télé-expertise » (visio-conférence, transmission d’images…)

Des perspectives

Le territoire bas-rhinois se caractérise par un réseau de partenaires potentiels particulièrement dense : industriels (Alcatel, IBM, Orange, Hager, Schneider, Legrand…), collectivités, acteurs publics, associations, réseaux de la santé et du social, financeurs (CRAV, ARH, URCAM, DRASS, MSA, Caisse des Dépôts, OSEO, UE…) , partenaires nationaux et internationaux.

Comme le relève Elisabeth Bildstein à travers une image pleine d'humour: "Si en plus de mieux prendre en charge les personnes âgées nous contribuerons au développement d'une filière économique spécifique c'est le double effet kiss cool".

Du lien social

La mise en œuvre d’un schéma gérontologique dans le Bas-Rhin permettra une refonte de la politique départementale en faveur des personnes âgées qui s’articule autour de cinq axes, à savoir assurer l’information et la coordination gérontologique ; garantir un meilleur maintien à domicile de la personne âgée ; augmenter et diversifier l’offre d’hébergement ; prévenir la dépendance ; prendre en compte les publics spécifiques.

Les nouvelles technologies pour les séniors, c’est aussi, au-delà de la technique, du lien social… Pour un public âgé, les nouvelles technologies font peur, pourtant ces nouvelles technologies sont utiles. Que ce soit pour faire des jeux, que ce soit pour de l’entraînement cognitif, ou pour être en contact avec les membres de sa famille, à travers notamment de la visiophonie. Ce qu'il faut c’est trouver des solutions pour adapter ces outils aux personnes n’ayant pas la pratique des hautes technologies : écran tactile, télécommande simplifiée, etc. 

Consultant Internet, Gaston Steiner, qui intervient dans le dossier du Conseil Général du Bas-Rhin, précise "Nous cherchons aussi à nous servir des TIC pour mieux coordiner les acteurs qui s’occupent des personnes âgées à domicile : assistante sociale, aide ménagère, infirmière, médecin, préposée à la livraison de repas à domicile.D’une part ces différents intervenants ne travaillent pas ensemble. D’autre part il peut arriver qu’ils se succèdent au cours d’une journée chez une personne âgée et que cette personne âgée soit ensuite seule pendant une période plus longue. Il faut trouver une solution technique de partage des plannings des différents intervenants, le tout en mobilité, avec les téléphones, les PDA ou les ordinateurs portables. A la clé : une efficacité renforcée et une optimisation des coûts.

 

Une volonté ministérielle

Nathalie Kosciusko-Morizet vient de lancer le projet de création d’un portail de services publics de proximité et de services d'intérêt général sur téléphone mobile, notamment pour les séniors.

Le projet initiée par Nathalie Kosciusko-Morizet secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique, est coordonné par la Délégation aux usages d'Internet (DUI).

Le portail en cours d'élaboration devrait allier « l'ergonomie, l'accessibilité pour tous et la fiabilité des informations et services mis en ligne », a promis la secrétaire d'Etat. Dans un premier temps, les services et contenus seront élaborés conjointement par les administrations, les entreprises, les collectivités locales, ainsi que par l'ensemble des acteurs de la société civile (associations). Dans un second temps, ces services pourraient faire l'objet d'un développement collaboratif par les usagers eux-mêmes.

Dès la fin de l'année 2009, un premier bouquet de 50 services de proximité devrait être disponible. Il devrait notamment proposer des services sociaux (en particulier pour la recherche d'emplois), des services médicaux d'urgence, des informations sanitaires, des services et informations de proximité, des alertes (en particulier environnementales), etc.

Unique en Europe

Le projet prévoit en particulier le développement d'une offre dédiée aux seniors: géolocalisation des équipements publics les plus proches (hôpitaux, bureaux de poste, CPAM), démarches administratives en ligne, accès aux informations médicales ou sanitaires (notices de médicaments, allergènes présents sur des produits de grande consommation), réception d'informations météorologiques personnalisées en temps réel ou encore services à la personne.

« Cette initiative unique en Europe vise aussi à fédérer un écosystème institutionnel et industriel autour des services à haute valeur ajoutée sur mobiles. Les collectivités locales ainsi que les acteurs industriels (opérateurs et fournisseurs de services en ligne) pourraient être largement associés au lancement du projet. Dans la perspective du plan de relance, ce projet pourrait enfin constituer un levier de création d'emploi dans le domaine des services sur Internet ainsi qu'une opportunité de création d'emplois de proximité », explique le délégué à l'usage d'Internet, Bernard Benhamou.

Ce projet compte toucher un million d'utilisateurs dans les deux années à venir. « C'est une chance pour l'Europe qui bénéficie à la fois d'un réseau dense de téléphonie mobile et de ressources informationnelles, notamment touristiques et culturelles pour la France, très demandées ! », conclut le délégué.

 
Un devoir

Le Conseil de l'Europe stipulait déjà en septembre 1998 :
« Toutes les personnes dépendantes ou susceptibles de le devenir, quels que soient leur âge, leur race, leurs convictions et la nature, l’origine et le niveau de sévérité de leur état, doivent avoir droit à l’assistance et à l’aide requises pour pouvoir mener une vie conforme à leurs capacités réelles et potentielles, au niveau le plus élevé possible. Par conséquent, elles doivent avoir accès à des services de bonne qualité et aux technologies les plus adaptées. »

 
 
 
 
 
 
 
 

 

Un engagement

Viviane Reding, Commissaire européen en charge de la société de l’information et des médias, est très claire : « Le vieillissement de la population européenne est un défi pour notre marché de l’emploi et nos systèmes de services sociaux et de soins de santé. Mais c’est aussi une opportunité économique et sociale".

 

Un impact

Selon certains spécialistes 700.000 emplois sont à créer par le développement des TIC pour les séniors. Cela, à travers les e-services, le e-commerce, l’e-administration et l’e-education. 

 

Une nécessité

En 2020, 26 à 28 % de la population française aura 60 ans et plus, et deux millions plus de 85 ans.  Les seniors souhaitent vivre le plus longtemps possible à leur domicile l’âge moyen d’entrée en établissement est actuellement de 80 ans. Il devrait encore reculer, l’espérance de vie en bonne santé augmentant d’une année tous les cinq ans. Les dépenses en matière de retraites, de soins de santé et de prise en charge à long terme devraient augmenter de 4 à 8% du PIB dans les décennies à venir, avec un triplement des dépenses totales d’ici à 2050.

 

Un marché

Le marché de la e-santé, estimé à 6
milliards d’euros en Europe en 2010 (croissance actuelle de 15 à 20% / an) attire les convoitises. Les industriels se mobilisent : développement de branches
spécifiques consacrées à l’autonomie et au maintien à domicile, création de division « santé », etc.
Les équipementiers de la téléphonie, de l’électroménager se positionnent sur la commercialisation de solutions complètes. 

 

Une place

Un quart de la population de 60 ans et plus et 50% de la population âgée de 50 à 59 ans utilise internet. 51% des animateurs des cyberbases citent les retraités comme la catégorie d’usagers qu’ils reçoivent le plus (quasiment à égalité avec les jeunes). Cinq millions de français seniors sont concernés par l’alphabétisatisation numérique.

 

En prime

Les seniors sont de plus en plus nombreux à surfer sur le web. A tel point que la tranche d’âge des « 70-75 ans » est celle qui a le plus progressé au cours des dernières années…
Les seniors utilisent surtout le net comme outil d’information, pour envoyer des e-mails à leurs proches et pour acheter des biens de consommations plus que pour les réseaux sociaux et les loisirs. Meetic, le leader des sites de rencontres, a compris qu'il y avait là, avec les seniors, un marché. Des services spécifiques ont été développés pour eux.

 
Un dossier complet

La Mission Ecoter avait organisé en octobre 2008, un séminaire intitulé "Séniors à domicile et TIC". L'ensemble des contributions des différents intervenants sont en ligne. C'est une remarquable source documentaire. Avec au final, quelques questions cruciales: Comment accompagner la révolution de la longévité ? Comment passer des programmes, pilotes et expérimentations à une phase “industrialisée” pour proposer des offres unifiées aux seniors qui souhaitent rester chez eux ?

 


Des initiatives heureuses 

Imaginez un napperon et un cadre photo intégrés à votre intérieur : le premier reconnaît les objets que l'on place dessus, le second affiche des contenus numériques en provenance du web (texte affiché, audio, vidéo, etc.).  Cela se passe dans le Rhône. La photo d’un membre de la famille permettra, par exemple, d'afficher l’album photo en ligne de cette personne, son blog... Un autre objet sera associé à des flux d'information, ou un livre audio. Le webnapperon est aujourd’hui expérimenté dans trois établissements du Rhône accueillant des personnes présentant différents niveaux d’autonomie (une maison de retraite, un foyer logement et un foyer de personnes handicapées). 7 familles volontaires sont également associées à  l’expérimentationpendant une durée de 12 mois.

La domotique à Muntzenheim

L'association MEDeTIC (Médecine et développement des technologies de l'information et de la communication) de Muntzenheim participe à la réalisation de plusieurs résidences de personnes âgées bourrées de domotique. Claude Deroussent, médecin et président de l'association Medetic, est convaincu que "la réponse au maintien à domicile se trouve dans les nouvelles technologies". L'association a eu mardi les honneurs de la visite de la secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique. A Baltzenheim, à Drulingen, à Truchtersheim, à Kembs, notamment, ces résidences sont en cours de construction ou ne vont pas tarder à sortir de terre. Il s'agit à chaque fois de petites unités de vie collective, toutes connectées à une centrale d'appel qui laissera la possibilité au personnel soignant de suivre à distance l'état de santé des résidents, qui élimineront tout déplacement superflu à l'aide d'une batterie de télécommandes.
MEDeTIC travaille aussi sur la mise en place d'un portail de services, d'information et de mise en relation des personnes âgées, des réseaux spécialisés, ainsi que l'entourage.

 

 

E-Seniors à Paris

E-Seniors E-Juniors est une association, loi 1901, qui intervient sur Paris et sa petite couronne. Cette association a pour but de proposer aux seniors (dès 50 ans), y compris ceux à mobilité réduite, un accompagnement personnalisé à la pratique des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cela afin de réduire la fracture numérique entre générations, de désenclaver les seniors de leur situation d’isolement, et de faciliter l’accès à la formation et à l’information, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour mieux profiter du « temps libre ». Le but de l’initiation est essentiellement de montrer, après une brève formation « technique » pour la prise en main des outils, l’intérêt que peuvent apporter les applications pratiques des NTIC et, en particulier, l’internet. L’accent de l’association est mis sur l’importance de l’apprentissage des NTIC pour l’amélioration de la communication.

 

Des sites dédiés

Le «Cercle Vermeil » recense les sujets intéressants relevés sur le net concernant l'utilisation des technologies par les seniors et personnes handicapées. Le programme Cercle Vermeil est le fruit des travaux d'acteurs souhaitant développer les usages d'internet et des technologies plus particulièrement auprès de la population des seniors. Il s'inscrit dans le prolongement des activités de services à la personne en recherchant des solutions économiquement plus performantes et plus riches que des services à domicile individualisés. Autre site très intéressant "séniors actu.com" avec une partie dédiée aux nouvelles technologies.

 

Orange présente des offres adaptées

Orange vient de dévoiler des offres spécifiquement destinées aux seniors : pack internet facile, téléassistance mobile, forfait mobile, etc. Adapté aux seniors qui souhaitent avoir un accès simplifié à l’informatique multimédia, le Pack Internet Facile comprend un ordinateur avec une interface simplifiée, un modem Wi-Fi, un abonnement internet haut débit (1Mégamax) et un service d’assistance dédié. Ce produit sera lancé au cours du printemps 2009 dans les agences France Télécom.

L’ordinateur est composé d’un écran équipé d’un disque dur intégré de 120 Go et d’une connexion sans fil, donc facilement déplaçable. Son interface est conçue pour simplifier au maximum l’usage de l’informatique multimédia, avec un accès direct à des services simples et ludiques pour communiquer avec ses proches (mail, internet, photos, loisirs et bureau).  Ce pack propose également un dispositif complet d’installation, d’aide et d’accompagnement pour faciliter et sécuriser la découverte de l’univers informatique multimédia aux néophytes.

 

SFR et la santé

L’opérateur de téléphonie mobile SFR lance DocteurClic, un nouveau produit qui s’annonce comme le premier service gratuit d’accompagnement médical sur téléphone portable. Une expérience qui vient compléter les premiers essais en cours en matière de télé-santé grand public.

Mal de dos, chute, démangeaisons, crampes, gonflement, etc. L’opérateur SFR propose désormais sur son portail Vodafone live ! un nouveau service gratuit (hors coûts de connexion wap). Il s’agit de DocteurClic, une solution « online » qui permet de bénéficier de conseils pratiques sur les problèmes de santé rencontrés au quotidien.

Adaptation pour le mobile du site docteurclic.com, ce service permet de renseigner un certain nombre de critères (âge, sexe) et d’indiquer ses symptômes pour obtenir immédiatement des conseils pratiques sur la conduite à tenir et le degré d’urgence médicale.

Rappelons que DocteurClic s’appuie sur un système expert conçu par son équipe de médecins urgentistes. Ce système gère 130 symptômes possibles et calcule la probabilité de 220 diagnostics d’urgence. Partout et à tout moment, le service DocteurClic permet de répondre à quatre questions essentielles : est-ce normal ? Que faire ? Est-ce grave ? Qui consulter ?

SFR toujours... En Alsace, l'opérateur vient de raccorder en fibre, via Haut-Rhin Télécom la  Clinique du diaconat de Mulhouse et la Maison de convalescence de SENTHEIM (Secteur de Masevaux).


 




  • Posté le dimanche 31 mai 2009 à 19h10 par Hendergasler A quand des ressources internet hébergées par le conseil régionale, comme un wikipédia en alsacien pour l'Alsace ?
  • Posté le jeudi 30 avril 2009 à 14h26 par laurin a lire

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